Palais du Pharo
Le Palais du Pharo : du haut de la tête de more… trois siècles vous contemplent …
Le nom énigmatique de Pharo doit son origine à une anse : « le Farot », située à l’ouest de la Tête de More. Initialement, cette butte, surmontée d’une vigie, séparait la baie de la pleine mer.
Si, aujourd’hui, le palais et les jardins offrent un point de vue incomparable sur le Vieux-Port d’un côté et sur la Méditerranée ainsi que les îles du château d’If et du Frioul de l’autre, il faut cependant rappeler que le plateau rocheux, habité autrefois seulement par les herbes marines, accueillait les condamnés militaires passés par les armes. Tradition funeste, qui voyait le cortège des Bourras (les membres de la confrérie des pénitents cagoulés) envahir la ville dans un long cortège funèbre, portant sur leurs épaules la dépouille des exécutés.
Le Pharo, un caprice impérial de Napoléon III ?
Lorsque Louis-Napoléon arrive à Marseille en 1852, c’est sur la Tête de More, devenue un site balnéaire à la mode, qu’on le conduit. Devant le spectacle magique de la rade, du port et de la ville, l’illustre visiteur manifeste aussitôt le désir d’y construire un palais.
La municipalité, pour lui être agréable, achète donc la Tête du More et la lui offre. Sur les plans de l’architecte du Louvre, Lefuel, le futur Napoléon III se lance alors dans la construction du palais impérial entre 1868 et 1870. Initialement, cette résidence princière devait être la copie conforme de celle de l’impératrice à Biarritz, aujourd’hui détruite car construite en brique. Fort heureusement pour Marseille, le palais du Pharo sera, lui, construit en pierre et plus richement décoré que sa sœur jumelle.
Mais le château du Pharo est bientôt délaissé par le nouveau Napoléon III et par l’impératrice Eugénie. Par dépit, en 1871, la population marseillaise efface les ornements napoléoniens de la façade et des grilles. Il ferait beau voir que la cité phocéenne se laisse oublier.
Ainsi, la ville décide de reprendre le château à la mort du souverain, elle intente donc un procès au conseil de famille impérial. Procès gagné… par l’impératrice Eugénie, qui finalement l’offrira généreusement à la ville en 1883.
Un lieu de villégiature privilégié
Aujourd’hui, le palais du Pharo connaît une renaissance grâce à son panorama exceptionnel, largement ouvert sur la rade, les ports, la cathédrale et le fort Saint-Jean. Quelques salons ont été restaurés pour les réceptions offertes par la ville, qui y a créé le complexe « Euroméditerranée » afin d’accueillir congrès et conférences.
Ce lieu prestigieux est aujourd’hui composé d’un auditorium de neuf cents places, d’une dizaine de salles de réunion, de deux salons napoléoniens, d’un gigantesque hall d’exposition ainsi que d’un espace de restauration digne des plus grandes tables. Le jardin héberge quant à lui l’Institut de médecine tropicale, héritier de l’école de médecine implantée en 1904.
Plus simplement, le palais du Pharo, qui ne se visite pas, offre avant tout aux visiteurs curieux un site privilégié où l’on peut simplement prendre le temps de vivre, seul ou avec les enfants qui y trouvent des espaces de jeux. Un bon bouquin dans les mains ou la tête dans les nuages, face à cette rade magique, jardins et palais permettent d’oublier le monde urbain, l’espace d’un instant où contemplation et art de vivre se confondent.